31 mai 2009
Le Grand Prix automobile de l'ACF 1924 - quatrième partie
Dimanche 3 août : Grand Prix d'Europe

Les engagés (programme officiel)
Le Grand Prix le plus attendu s'est couru le dimanche 3 août 1924 sur le circuit des Sept-Chemins. Selon le journal "Le Nouvelliste de Lyon", le record d'affluence pour un Grand Prix de l'ACF est battu, de l'avis même des habitués. Il précisait encore que "plus de cent mille spectateurs s'étaient rendus au circuit, tant aux tribunes et dans l'enceinte officielle que le long des palissades, à travers champs, en tous points de la route". La compagnie des cars PLM en transporta environ 35000 et la plupart arrivèrent très tôt le matin. Le même journal décrit longuement la foule et les différents points d'observation de la course, en particulier dans les fameux virages des Esses.
Mettons-nous un peu dans l'ambiance...
Le temps est plutôt agréable ce dimanche sans pour autant présenter de fortes chaleurs. Dans les stands, la pression monte lentement, les pilotes ayant déjà revêtu leur combinaison de toile blanche et donnant les dernières consignes aux mécaniciens et aux soigneurs.
Les voiture italiennes sont rouges, les françaises en bleu, les anglaises en vert et l'américaine toute blanche. M. BUGATTI s'empresse autour de ses hommes. Beaucoup espèrent voir la marque strasbourgeoise briller au palmarès !
Les journalistes font leurs dernières interviews mais certains d'entre eux évoquent encore l'audacieux cambriolage réalisé durant la nuit sous les tentes de presse !

Stand Bugatti (Le Nouvelliste de Lyon)
Le haut-parleur donne des nouvelles des deux blessés d'hier : ils vont mieux et sont dans les tribunes.
A 8h30, les voitures se groupent à 300 mètres en arrière de la ligne de départ. La liste des engagés va suivre, mais il manque déjà deux pilotes : FERRARI et FORESTI, sur Schmid. Il reste donc 20 partants :
n°1- SEEGRAVE sur Sunbeam I
n°2- Albert DIVO sur Delage I
n°3 - ASCARI sur Alfa Romeo I
n°5 - Felice NAZZARO sur Fiat I
n°6 - ZBOROWSKI sur Miller
n°7 - CHASSAGNE sur Bugatti I
n°8 - LEE GUINESS sur Sunbeam II
n°9 - Robert BENOIST sur Delage II
n°10 - CAMPARI sur Alfa Romeo II
n°11 - Jules GOUX sur Schmid II
n°12 - BORDINO sur Fiat II
n°13 - FRIEDERICH sur Bugatti II
n°14 - RESTA sur Sunbeam III
n°15 - René THOMAS sur Delage III
n°16 - WAGNER sur Alfa Romeo III
n°17 - PASTORE sur Fiat III - A noter que c'est SALAMANO qui était annoncé.
n°18 - DE VIZCAYA sur Bugatti III
n°20 - MARCHISIO sur Fiat IV
n°21 - GARNIER sur Bugatti IV
n°22 - COSTANTINI sur Bugatti V

Publicité Bugatti
(revue Cyclecars, Motos et Voitures spécial Salon 1924)
A 9h00, grand silence avant le rugissement des 20 moteurs ! C'est SEEGRAVE sur sa Sunbeam qui passe en tête au premier tour en 12 minutes à une moyenne de 112,9 km/h ! BORDINO, sur sa Fiat, prend la tête au 3è tour, suivi par ASCARI sur son Alfa Romeo. ASCARI ne prend la tête qu'au 13è tour et va même prendre un tour sur BORDINO qui s'est arrêté au stand pour réparer un frein avant, changer de pneus et vérifier la direction (il perd d'ailleurs 4 tours au stand durant cet arrêt !). On signale alors l'abandon de VISCAYA qui vient de heurter une balustrade mais est indemne et l'abandon de PASTORE qui a accroché une barrière.

Le Nouvelliste de Lyon
Publicité pour Alfa Romeo
(revue Cyclecars, Motos et Voitures spécial Salon 1924)
Au 15è tour, ZBOROWSKI sur sa Miller abandonne. LEE GUINESS prend la première place au 16è tour suite à l'arrêt d'ASCARI. Il est suivi de CAMPARI et de DIVO puis d'ASCARI lorsqu'il repart du stand.
Au 19è tour ASCARI a repris la première place suite aux arrêts de ses concurrents. Il est suivi de CAMPARI, de LEE GUINESS, de DIVO, de BENOIST, de WAGNER, de SEEGRAVE, de THOMAS, de CHASSAGNE et de FRIEDERICH.
GOUX abandonne au cours de ce 19è tour et NAZARRO abandonne après avoir accompli son 23è tour.
Après 30 tours, le classement est le suivant : ASCARI puis CAMPARI, DIVO, BENOIST, WAGNER et SEEGRAVE.
A 2 tours de la fin de course, les 2 italiens n'ont plus qu'une minute et 15 secondes d'avance sur DIVO qui se démène pour revenir.
Au 33è tour, ASCARI faiblit (une bougie encrassée) et est dépassé par CAMPARI puis DIVO.
Ascari, contraint à changer de bougie, ne peut repartir pour son dernier tour et abandonne.
Mais CAMPARI termine premier sous les applaudissements du public suivi de près par le français DIVO.

Le Miroir des Sports du 6 août 1924
Les résultats du Grand Prix :
1 - CAMPARI sur Alfa Romeo II en 7h 05' 34" à 114,29 km/h de moyenne
2 - DIVO sur Delage I, en 7h 06' 40" à 113,98 km/h de moyenne
3 - BENOIST sur Delage II
4 - WAGNER sur Alfa Romeo III
5 - SEEGRAVE sur Sunbeam I
6 - THOMAS sur Delage III
7 - CHASSAGNE sur Bugatti I
8 - FRIEDERICH sur Bugatti II
et à plusieurs tours de l'arrivée, après arrêt de la course :
9 - RESTA sur Sunbeam IV
10 - GARNIER sur Bugatti IV
11 - MARCHISO sur Fiat IV

Le Miroir des Sports du 6 août 1924
Ainsi, contrairement à ce que redoutaient les mécaniciens, bon nombre de pilotes ont terminé la course et le circuit, bien qu'annoncé difficile techniquement et éprouvant pour les bolides, a mis à l'honneur la robustesse des voitures engagées.
Les constructeurs français, sans avoir équipé leur véhicules de turbo-compresseurs, comme l'ont fait les italiens et les anglais, peuvent se réjouir de leurs performances !
Ce fut donc une très belle journée, sans accident ni sur le circuit, ni parmi les spectateurs grâce à un service d'ordre impeccable.
Les nombreux spectateurs regagnèrent Lyon en un flot continu et la route fut réouverte à la circulation.

Après la course, les déchets laissés par les spectateurs
(Le Nouvelliste de Lyon)

Ces photos tirées d'un article de la revue
Cyclecars, Motos et Voitures spécial Salon 1924
nous montrent l'état de la route après le circuit.
Les pneumatiques et les mécaniques devaient résister
à un revêtement très difficile !
17 avril 2009
Bonjour !
Le Grand Prix de l'ACF
Ce sujet vous plaît ?
Patience... prochainement la dernière partie consacrée au Grand Prix de l'Europe, avec ses grands champions et les voitures les plus puissantes ! L'épreuve la plus attendue par le public...
Après cela, promis, pas d'automobile pendant quelques temps ;-)
13 avril 2009
Le Grand Prix automobile de l'ACF 1924 - troisième partie
Samedi 2 août : Grand Prix du Tourisme
C'est avec un certain scepticisme que ce Grand Prix fut accueilli par la presse le samedi 2 août. Le public veut voir des voitures qui roulent vite, sans handicaps, pour constater les progrès de l'industrie automobile. Il veut du spectacle, des virages difficiles et des dépassements... Les Grands Prix de Tourisme sont plus compliqués : limites à la consommation, épreuve d'endurance, forme de la carrosserie, qualité de l'éclairage des phares... La voiture qui gagne n'est pas forcément la plus rapide !

(Les essais - coupure de presse)
Bref, c'est en ces termes que le journal "Le Miroir des Sports" annonça que la fréquentation de ce Grand Prix du Tourisme n'avait pas attiré et n'attirerait jamais les grandes foules. Certains annonçaient déjà la faillite des Grands Prix de l'ACF et l'échec de cette semaine automobile de Lyon.
Le Nouvelliste de Lyon, un journal local cette fois, n'était pas vraiment de cet avis puisqu'il fit une longue description des masses de spectateurs se rendant sur le circuit et les longs défilés de lumières dès la nuit...
Selon ce numéro du Nouvelliste de Lyon du 3 août 1924, c'est "par dizaines de milliers que se chiffre la foule des spectateurs". Et de mentionner les files de véhicules en tous genres depuis le centre de Lyon. Déjà, à la Mulatière, les spectateurs sont orientés par les gendarmes. "A quelque cent mètres des Sept-Chemins, on se croirait transporté en pleine fête foraine. Des baraques violemment illuminées s'échelonnent au long de la route, l'odeur de l'acétylène se répand dans l'air, tandis que des jambons et des saucissons s'étalent entre les bidons d'essence, des pliants et des lorgnettes". Le départ de l'épreuve d'endurance n'est qu'à minuit mais "serrée entre les barrières et le pied des tribunes, la foule fait entendre son bourdonnement assourdi de voix impatientes".
(publicité pour La Buire - programme du grand Prix)
Le Grand Prix du Tourisme se déroulait en une épreuve préparatoire d'endurance, qui débuta à minuit pour se terminer à 8 heures le samedi matin, et à l'issue de laquelle 19 concurrents allaient prendre le départ de la seconde épreuve de vitesse de 300 km quatre heures plus tard.
(magnifique publicité pour les voitures Ariès, marque représentée par trois exemplaires en 1ère catégorie,
et trois exemplaires en 2è catégorie, revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(publicité pour la marque Sénéchal, représentée par deux voitures en 1ère catégorie.
Pas de référence au Grand Prix de l'ACF puisque les Sénéchal ont été battues par
les trois Mathis... Revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(publicité pour La Bignan. Trois voitures La Bignan étaient engagées en 2è catégorie.
Revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)
La liste des engagés se présentait de cette façon :
- 1ère catégorie (voiturettes 400 kg) : LEFEBVRE sur une Voisin, une Sénéchal, une Ariès, la Mathis de LAMS, une seconde Sénéchal, une seconde Ariès, DEBREMONT sur Mathis, une 3è Ariès et BOCCHI sur Mathis.
- 2è catégorie (voitures légères 1000 kg) : une Bignan, BUCHETTI sur Ansaldo, MOREL sur une Voisin, DURAY sur Ariès, LACHARNAY sur une Cottin-Desgouttes, ROST sur une Georges Irat, PORPORATO sur La Buire, une seconde Bignan, une seconde Ansaldo, FLOHO sur Ariès, DELALANDE sur Cottin-Desgouttes, DOUARINOU sur Georges Irat, DESVAUX sur La Buire, une 3è Bignan, une 3è Ariès, COLAS sur Cottin-Desgouttes, SCISZ sur La Buire et GARNAULT sur la Buire.
- 3è catégorie (voitures 1400 kg) : une Ariès, une Vermorel, une Alfa Roméo, RUTZLER sur Steyr, ROUGIER sur une Voisin, DAVERGNE sur Peugeot, une seconde Vermorel, une seconde Alfa Roméo, une seconde Steyr, GAUDERMEN sur Voisin, BOILOT sur Peugeot, PICCIONI sur Voisin et enfin CABAILLOT sur une 3è Peugeot.
30 voitures, les 1400 kg en tête, étaient sur la piste. Les pilotes, debout à côté de leur voiture, n'attendaient plus que le départ. Enfin, le coup retentit et les voitures s'élancèrent pour une course truffée d'incidents tels que des fuites de réservoir d'essence, des dérapages, des chocs contre les barrières, une disqualification pour des sacs de lest percés... A noter l'accident de ROUGIER à 4h40, dont la voiture se retourna après avoir percuté une barrière. Le bras fracturé, il fut emmené à l'hôpital. Six voitures arrivèrent sans pénalités et purent prendre le départ de l'épreuve de vitesse à 12h précises. D'autres concurrents, pénalisés, dont les Peugeot de BOILOT et CABAILLOT, partirent avec des retards variables.

(Le départ et le virage de Sept-Chemins - coupure de presse)
Vers midi, la foule avait encore grossi ; les tribunes s'étaient remplies d'une foule élégante. Le départ fut donné et le spectacle attendu dans les fameux virages des Esses, virages bien connus des locaux et dont les courbes sont encore aujourd'hui impressionnantes !
BOILOT sur sa Peugeot perdit une roue au 3è virage et revint à pied à la ligne de départ. RUTZLER sur la Steyr, fut victime d'un accident dans les Esses du fait de son frein à pied qui ne répondait plus. Il fut légèrement blessé.
DAUVERGNE avait à ce moment déjà pris la seconde place derrière GAUDERMEN. GAUDERMEN subit une crevaison au 6è tour et DAUVERGNE passa en tête pour y rester jusqu'à la fin de l'épreuve.
Les champions du jour !

LAMS, vainqueur sur Mathis en 1ère catégorie
Mathis fait sa pub ! C'est le triomphe...
(revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

Et enfin DAUVERGNE, grand vainqueur sur sa Peugeot 18ch en 3è catégorie.
Là aussi, Peugeot met en avant les prouesses de ses voitures dans cette publicité,
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924
Les trois vainqueurs ont fait l'objet de croquis par André Galland, illustrateur renommé,
pour la revue revue Cyclecars Motos Voitures en 1924.
La première catégorie (19 tours de circuit) fut remportée par LAMS sur une Mathis, à 73,9 km/h de moyenne, devant son coéquipier DEBREMONT sur Mathis et BOCCHI sur la troisième Mathis ! Un beau triplé pour ce fabricant.
La deuxième catégorie (21 tours) vit la victoire de LACHARNAY sur Cottin-Desgouttes, à 89,78 km/h de moyenne, devant COLAS sur la même voiture, produite à Lyon, puis ROST, MOREL, PORPORATO, DURAY, FLOHO et BUCHETTI.
En troisième catégorie (25 tours), le grand vainqueur du jour fut DAVERGNE, un ancien rugbyman, sur une robuste Peugeot 18CH, devant un autre athlète connu, GAUDERMAN, du Racing Club de France. Ce dernier creva au dernier tour alors qu'il menait la course. PICCIONI sur Voisin arriva 3è.

(La page du Miroir des Sports consacrée au grand Prix du Tourisme)
Et ce fut la très lente dispersion d'un public docile depuis les pelouses et les tribunes en direction des Sept-Chemins. Le Nouvelliste de Lyon rapporte même un accident entre 2 véhicules sur la route de Lyon.
Une belle journée pour le public et pour les constructeurs français finalement !
03 avril 2009
Le Grand Prix automobile de l'ACF 1924 - deuxième partie
Deuxième partie : les Grands Prix U.M.F. des motos et cyclecars lors du Prix de l'ACF 1924 :
(Les informations proviennent du programme officiel du Grand Prix et de coupures de presse ; les publicités proviennent du programme officiel du Grand Prix et de la revue Cyclecars Motos Voitures, spécial salon 1924)

(Concessionnaire de Lyon pour Talbot - programme du Grand Prix)
Deux grandes épreuves, 60 concurrents inscrits, un circuit comportant des sections variées et des virages pour le spectacle... Tous les ingrédients sont réunis pour de belles journées les 2 et 3 août. Mais avant les épreuves phares du week-end, d'autres épreuves débutent la semaine automobile...

(Publicité Monet-Goyon, 3 motos engagées en 175cc,
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(Consignes pour l'accès au circuit - programme du Grand Prix)
L'ACF organise le 30 juillet le Grand Prix des Motocyclettes et le Grand Prix des Cyclecars.
Les pilotes vont concourir en 4 catégories (175cc, 250cc, 350cc et 500cc) pour les motos et en 2 catégories pour les cyclecars (500c et 750cc). Seuls 5 concurrents sont inscrits pour le Prix des Cyclecars.

(Le tracé du circuit de Lyon - programme du Grand Prix)
En moto, on note la présence de l'équipe PEAN, GILLARD, RICHARD et GREMAUD sur des Peugeot, en 500cc. La liste des engagés, dans l'ordre du départ se compose ainsi :
- 175cc : DAVISON sur Levis, ZIND sur Alcyon, VULLIANNY sur Harlette, JANIN sur Monet-Goyon, une Train, LEMASSON sur Armor, CLECH sur Alcyon, une Harlette, SOURDOT sur Monet-Goyon et HOMMAIRE sur Monet-Goyon.
- 250cc : Une Train et MEUNIER (au lieu de SPIKINS qui était annoncé) sur Thomann
- 350cc : Une Zenith, BARTLETT sur AJS, KERSHAW sur Bar&Stroud Omega, une Gillet, LE VACK sur Terrot, Marcel JOLLY sur Labor, MARC sur Alcyon, une Train, LONGMANN sur AJS, une Gillet, une Train, HALLOWELL sur AJS, une Gillet, CRABTREA sur AJS.
- 500cc : PEAN sur une Peugeot, une Gnome-Rhône, une Sunbeam, une Norton, DIXON sur Indian, GILLARD sur Peugeot (le tableau de pointage du programme a d'ailleurs mentionné PILLARD au lieu de GILLARD...), une Gnome-Rhône, BENNETT sur Norton, une Indian, RICHARD puis GREMAUD tous deux sur Peugeot (là encore, le tableau de pointage du programme indique ORIMAUD au lieu de GREMAUD).

(Profil et dénivelés du circuit de Lyon - programme du Grand Prix)
Pour les Cyclecars, l'ordre de départ se compose ainsi :
- 500cc : SMEETS sur Morgan, VIOLET sur Violet, DHOME sur Morgan.
- 750cc : SANDFORT sur Sandfort et ARNOULD sur Sandfort.

(Publicité pour Amilcar - programme du Grand Prix)

(Gnome-Rhône avait engagé 2 motos en 500cc
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)
Les courses du 30 juillet :
Motocylettes :
- 175cc : SOURDOT sur une Monet-Goyon remporte la catégorie des 175cc à une moyenne de 71,427 km/h après 10 tours de circuit, devant CLECH sur Alcyon, DAVISON sur une Levis, suivis de JANIN, de LEMASSON, de VULLIANNY, de HOMMAIRE, de ZIND et de la 2è Harlette. La Train prévue à la 5è place au départ n'est pas partie.
- 250cc : MEUNIER gagne devant la Train après 12 tours de circuit.
- 350 cc : 14 tours de circuit pour la victoire de LONGMANN à 86,903 km/h, devant LE VACK, CRABTREA, Marcel JOLLY, KERSHAW, et MARC. Abandon des autres coureurs.
- 500 cc : victoire du britannique BENNETT sur une Norton après 16 tours de circuit, à une moyenne de 94,756 km/h, devant son compatriote DIXON, puis les français PEAN, RICHARD, GREMAUD et GILLARD.)

(L'équipe Peugeot engagée, presse)
Cyclecars :
- 500cc : VIOLET gagne avec 73,26 km/h de moyenne, devant DHOME et SMEETS en 12 tours de circuit.
- 750cc : SANDFORT remporte l'épreuve après 15 tours de circuit devant ARNOULD.

(L'habile constructeur M. Violet dans son cyclecar du même nom.
Le Violet a remporté l'épreuve des cyclears en 500cc devant les deux Morgan !
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(publicité pour le cyclecar Violet
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(publicité pour le cyclecar Sandfort.
Sandfort avait engagé deux cyclecar dans la catégorie 750cc,
seuls participants d'ailleurs dans cette catégorie !
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(publicité pour le cyclecar Morgan.
Deux cyclecars engagés dans la catégorie 500cc.
revue Cyclecars Motos Voitures spécial salon 1924)

(Le Miroir des Sports du 6 août 1924, page 135, courses motos et cycles)
Le journal "Le Miroir des Sports" du mercredi 6 août se fait l'écho, en plus des épreuves phares de ce grand rendez-vous, des compétitions de motocyclettes, de cyclecars et de cyclisme. Son commentaire est particulièrement critique à l'égard de l'ACF qui, selon lui, ne s'est pas donné les moyens d'une sérieuse organisation. En effet, seule la compétition des motos a attiré un peu de public, les cyclecars et l'épreuve cycliste ("d'un niveau pas très relevé ni en valeur ni en quantité, malgré 50.000 francs de prix"...) n'ont bénéficié que du regard des gendarmes et des organisateurs. L'article précise tout de même que les constructeurs français ont gagné la première place dans les catégories 175cc (Monet-Goyon) et 250cc (Thomann), les deux autres catégories étant remportées par des machines anglaises.
Vivement donc les épreuves automobiles du week-end !

(Publicités - programme du Grand Prix)
30 mars 2009
Le Grand Prix automobile de l'ACF 1924 - première partie
Pourquoi un tel sujet sur un blog consacré aux publicités d'antan ?
La réponse est simple : au fil de mes découvertes de "vieux papiers" en quête de publicités remarquables, j'ai découvert bon nombre d'informations sur ce grand prix automobile couru à Lyon en 1924. Ces documents sont truffés de publicités liées à l'évènement et pour mieux les replacer dans leur contexte, il m'a semblé plus pertinent de détailler le Grand Prix et de l'illustrer avec ces archives. Il se trouve par ailleurs que l'endroit où s'est couru le Grand Prix m'est assez familier...
Voici donc la belle histoire de ce Grand Prix automobile, en plusieurs parties et en images.

(Les cycles Magnat-Debon, société lyonnaise)
Première partie : l'historique du Grand Prix de l'Automobile Club de France jusqu'en 1924
(Les illustrations et l'essentiel des informations proviennent du programme officiel du Grand Prix)

(couverture)
(dos - OTTIN l'une des plus anciennes (1863 ?) carrosserie de Lyon)
Organisé pour la première fois en 1906, le Grand Prix de l'Automobile Club de France (ACF) devait remplacer la défunte Coupe Gordon-Benett qui ne répondait plus à l'état de l'industrie automobile.
Il fut ainsi organisé le 26 juin 1906 au Mans, dans la Sarthe, avec une épreuve de 1236 km à courir en 2 jours consécutifs et les voitures ne devant pas dépasser les 1000 Kg. La victoire fut remportée par Ferenc SZISZ sur une Renault à 150,33 km/h de moyenne ! Suivaient NAZARRO sur Fiat puis Albert CLEMENT sur une Bayard-Clément.

(voir aussi la rubrique Electro Lux ici)
En 1907, le grand prix a lieu à Dieppe avec une épreuve de 770 km. Cette fois, le règlement est à la consommation maximum : les voitures ne doivent pas dépasser 30 litres pour 100 km. Ce Grand Prix fut remporté par Felice NAZZARO sur une Fiat, à 113,6 km/h de moyenne, devant SZISZ sur Renault, puis BARRAS sur une Brasier et enfin GABRIEL sur une Lorraine-Dietrich.
En 1908, toujours à Dieppe sur un circuit de 770 km, ce fut un cuisant échec pour les constructeurs français du fait de trop nombreux incidents et problèmes mécaniques. La course était cette fois limitée aux véhicules ayant un alésage inférieur à 155m/m. La victoire fut remportée par Christian LAUTENSCHLAGER sur une Mercedes en 6 h 55 mn et 45 sec devant HEMERY sur une Benz, HANRIOT sur une autre Benz et RIGAL sur une Bayard-Clément. L'histoire note tout de même que GUYOT, sur ce même circuit, remporta le Grand Prix des Voiturettes de L'Auto sur sa Delage monocylindrique.
Cette débandade engendra le retrait des principaux constructeurs nationaux des épreuves sportives et aucun Grand Prix de l'ACF n'eut lieu en 1909, 1910 et 1911... La coupe des voiturettes combla heureusement cette absence.
Le Grand Prix réapparaît en 1912, toujours à Dieppe, sous le nom de la Coupe de l'Auto et est incorporé à la Coupe des Voiturettes. On y trouve 45 engagements pour 24 marques différentes dont 10 françaises. En réalité eurent lieu deux courses distinctes. L'une, dénommée la "Coupe de l'Auto", était réservée aux voitures légères (moins de 800 kg et moins de 3 litres de cylindrée). L'autre était totalement libre dans la préparation des véhicules.
Le parcours comptait 20 tours du circuit de Dieppe de 1907. L'épreuve "libre" fut remportée par le français Georges BOILLOT sur Peugeot, à 110,26 km/h de moyenne devant WAGNER sur une Fiat.
La Coupe de l'Auto vit la victoire de RIGAL sur une Sunbeam à 105,2 km/h de moyenne, suivi de ses 2 coéquipiers RESTA et MEDINGER.
Le 12 juillet 1913 au circuit d'Amiens, le Grand Prix fut un triomphe pour l'industrie française avec la victoire de Georges BOILLOT, sur Peugeot, et GOUX aux 2 premières places. Le règlement imposait une consommation inférieure à 30 litres pour 100 km. Le circuit d'une longueur de 116,8 km fut parcouru par le vainqueur avec un excédent de carburant à l'arrivée de 22 litres.
Un mois avant la déclaration de guerre, en 1914, le Grand Prix organisé à Lyon, resta un difficile souvenir du fait, entre autres, de la victoire de Christian LAUTENSCHLAGER et de ses compatriotes sur Mercedes. Le circuit était à peu de choses près le même que celui choisi en 1924, pour une longueur de 37,631 km et une distance à parcourir de 752 Km. Pour la première fois lors des Grands Prix, un grand nombre d'inscrits prirent le départ (39 voitures pour 13 marques et 6 pays), mais aucune marque lyonnaise n'était présente. Peugeot, Delage, Fiat et Piccard-Pictet, quatre constructeurs, utilisèrent pour la première fois en course des freins sur les roues avant. Malgré cette humilante supériorité des allemands, le public fut nombreux et l'organisateur fut débordé par cette affluence*. De 1915 à 1920, aucun Grand Prix ne fut couru du fait de la guerre et de la réorganisation de l'après-guerre.
Le 25 juillet 1921, le Grand Prix eut lieu au Mans et vit l'abstention quasi-complète des constructeurs français du fait d'une consigne de la Chambre Syndicale des Constructeurs d'Automobiles. Le Grand Prix fut remporté par Jimmy MURPHY sur Duesenberg, à 120,6 km/h de moyenne, devant DE PALMA, GOUX, DUBONNET, BOILLOT, GUYOT, WAGNER, LEE GUINESS et SEEGRAVE.

(Les stations essence publiques à Lyon)
En 1922, c'est à Strasbourg, avec un très mauvais temps, qu'eut lieu le Grand Prix de l'ACF. Felice NAZARRO, sur Fiat, remporta l'épreuve de 800 km à une vitesse moyenne de 125,5 km/h devant VISCAYA et MARCO. Tous les autres concurrents ont abandonné sauf MONES-MAURY qui ne put terminer avant l'arrêt de la course.
En 1923, c'est au circuit de Touraine que se déroula le Grand Prix avec 17 participants. L'épreuve fut marquée par un terrible accident de VISCAYA dont la voiture accrocha un poteau, buta contre une balustrade et s'écrasa contre un arbre en fauchant 15 spectateurs. Le pilote fut blessé.
C'est SEAGRAVES sur Sunbeam qui remporta la course à 121,4 km/h de moyenne. Le français DIVO arriva second devant FRIEDRICH et LEE GUINESS.

(Magasin "Au sans pareil", à Lyon)
Cette année, en 1924, c'est Lyon qui est choisie pour organiser le Grand Prix de l'ACF. Une épreuve s'ajoute à l'habituel Prix du Tourisme : le Grand Prix de l'Europe. C'est cette course qui pour le moment focalise l'attention du public et de la presse. Si le beau temps est de la partie, les deux grandes épreuves réunissant 60 concurrents promettent de belles journées !
(Phares IDEAL)
* Je vous recommande à ce sujet l'excellent ouvrage de Pierre-Lucien Pouzet : La Grande Aventure automobile lyonnaise (Encyclopédie de Lyon Tome 1) aux éditions La Taillanderie.
La lecture agréable, l'iconographie et la somme d'informations
collectées en font un livre incontournable pour tout passionné
d'automobile et j'ai pu y trouver quelques informations pour compléter
cet article.
09 mars 2009
Le Chocolat Menier par Alain
Un chocolat de qualité se doit de posséder une couleur sans trace blanchâtre lors de la casse. La rupture du chocolat doit également s'obtenir de manière franche. Bien que le non respect de ces exigences n'entame en rien les qualités organoleptiques de la matière première, une apparence granuleuse et neigeuse laisse le consommateur suspicieux. Pour obtenir un résultat satisfaisant, la maîtrise du refroidissement avant démoulage du chocolat est primordiale.
Dans les années 1870, la technique employée par l'usine Menier est celle du frigoriste Charles Tellier qui, quelques années auparavant, fut l'inventeur d'une machine à fabriquer le froid artificiellement. Mais la complexité et la mise au point du procédé procure quelques désagréments et au démoulage ou au stockage apparaissent des traces multiples, signes d'un refroidissement non contrôlé.
Intervient alors la fibre commerciale de Menier. Soucieux de ne pas perdre une production ayant subi les outrages d'une fabrication mal maîtrisée, un des proches collaborateurs de la maison, M. Rigollot l'inventeur du sinapisme, eut l'idée d'apposer sur une affiche : "Le chocolat Menier, le seul qui blanchisse en vieillissant.".
L'art du contre-pied parfait qui déclenchât auprès des consommateurs et ménagères des réactions inattendues, certains, cassant en son milieu une barre pour s'assurer du vice devenu qualité et n'hésitant pas à retourner la marchandise qui n'aurait pas le cour neigeux. L'histoire a fait son chemin, d'une réalité iconographique est née une légende qui fait de cette affiche une rareté au regard des concepts et slogans utilisés ensuite par la Maison des Chocolats Menier.
Alain Lateb
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Grand merci à Alain pour cette superbe publicité pour le moins étonnante et son commentaire très pédagogique.
Cela permet en outre d'ouvrir une série de publicités consacrées au cacao et ses utilisations dérivées que vous découvrirez sur le blog au fil des articles...
Et pour les plus curieux ou les fins gourmets, rendez-vous vite sur le site d'Alain consacré au fabricant Menier. Profitez-en pour découvrir l'histoire industrielle de Noisiel, en Seine-et-Marne !
18 février 2009
SIMA-VIOLET
Voici une publicité pour un cyclecar ayant rencontré un beau succès : le SIMA-VIOLET. L'ingénieur Marcel Violet est considéré comme le créateur du moteur à deux temps pour automobiles, en 1908. Le SIMA-VIOLET est apparu en 1924 avec un moteur bicylindres (opposés) de 496 cm3 et refroidi par air. Ce modèle a été produit jusqu'en 1928 à 5000 exemplaires environ (dont les exemplaires fabriqués sous licence par Alcyon et Armor. Des modèles ont été engagés dans différentes courses où ils se sont fait remarquer).
Il a construit par exemple un modèle SIMA-VIOLET Sport bi-place décalée dont voici les caractéristiques :
Moteur : bi cylindres opposés horizontaux, 2 temps refroidi par air
Cylindrée : 497 cm3
Distribution : sans soupapes avec lubrification par addition d'huile au carburant (7 à 8 %)
Alimentation : 1 carburateur en fonte
Alésage-course : 65 x 75 mm
Puissance maximum : 11 ch à 2500 tr/mn
Boîte de vitesses : mécanique à 2 vitesses sur le pont arrière
Transmission : au roues arrières par arbre à cardan
Embrayage : disques multiples à bain d'huile
Châssis : longerons en tôles d'acier
Carrosserie : Cyclecar bi place décalée en tôle d'acier
Suspensions avant : ressort transversal à lames
Suspensions arrière : demi-ressorts droits
Empattement : 2200 mm
Freins : mécaniques à tambours sur les roues arrières
Roues : à rayon en acier avec pneumatique de 700 x 75
Voie avant : 100 mm
Voie arrière : 80 mm
Poids : 347 kg
Vitesse maximum : environ 67 km/h
Période de production : 1924 à 1929
Marcel Violet ne s'est pas arrêté en si bon chemin et a été très productif, mais ceci est une autre histoire...
La publicité est parue dans le magazine Moto Revue du 15 mars 1925.
A consulter également :
- Une belle série de photos d'un SIMA-VIOLET version "sport" suite au commentaire de Michael - merci :-)
N'hésitez pas à naviguer dans les images : il y a plusieurs photos de ce cyclecar et bien d'autres véhicules intéressants
- L'histoire de Marcel Violet
01 janvier 2009
2009 est là !
A vous tous :

(clic !)
En espérant vous voir toujours plus nombreux !
20 décembre 2008
Tonimalt, pour se réchauffer en hiver !
Cette boisson cacaotée est assez ancienne et était produite par la société Mont Blanc à Rumilly en haute-Savoie. Elle est encore fabriquée de nos jours par le groupe Nestlé, preuve d'un certain succès !
Voici 3 pubs vantant les mérites de cette boisson réconfortante et énergisante.
Celle-ci est parue dans le numéro 290 du magazine Montagne (juin 1937) :
La seconde est parue dans le numéro 298 du même magazine (mai 1938) :
La dernière est parue également dans le magazine Montagne numéro 305 (mars 1939) :
Toutes trois font référence avant tout aux activités et sports de montagne, une cible locale et en plein développement.
Un petit sujet intéressant, disponible ici, nous apprend que le Tonimalt était un concurrent direct de l'Ovomaltine, autre boisson cacaotée en vogue à l'époque... A lire !
05 décembre 2008
Pneumatiques Englebert
Voici deux publicités pour les pneus Englebert, une entreprise née en Belgique en 1898 mais qui prend le nom de "Société du Pneu Englebert" en 1931. Elle deviendra par la suite Uniroyal Englebert (en 1966) et finalement est intégrée au groupe Continental (1979).
Englebert équipe de nombreux bolides de course dès les années 1920 puis les voitures les plus prestigieuses par la suite, y compris en Formule 1.
Comme en témoigne cette première pub parue dans la revue Cyclecar Motos & Voitures du 1er septembre 1924, Englebert vante les mérites de ses pneumatiques lors d'une course de côte à Laffrey (en Isère, au dessus de Vizille). Cette côte menant au col de Laffrey est particulièrement longue et délicate (et tristement célèbre pour de récents accidents) ; les victoires du pilote Morel sur un cyclecar Amilcar (1100 cc) et du pilote Lefèvre sur La Perle (en 1500 cc) chaussés de pneus Englebert sont donc un formidable gage de fiabilité et de performance !
La seconde publicité est parue dans L'Illustration du 9 avril 1932 et concerne les poids lourds : "le kilomètre au plus bas prix".
Lecram-Vigneau signe la photo. De nombreuses publicités à l'époque feront appel à Lecram-Vigneau...
Quelques liens sur Englebert :
• la page de wikipedia
• une page sur l'histoire d'Englebert (et d'autres choses très intéressantes sur l'histoire industrielle de la région de Liège)











