Marie Brizard naît en 1714 à Bordeaux et sera à l'origine de la société Marie Brizard & Roger, créée en 1755 avec son associé Jean-Baptiste Roger. Selon la légende, "le 11 janvier 1755, Marie Brizard traverse la place Royale de Bordeaux. C’est là que gît brûlant de fièvre, Thomas, marin antillais à bord de l’Intrépide. Marie recueille et soigne Thomas. Pour la remercier, Thomas lui offre son seul trésor, le secret de la recette de l’Anisette, une liqueur d’anis vert, fraîche et parfumée." Cette anisette devient un peu plus tard le produit phare d'une gamme de liqueurs variées telles "Parfait Amour", "Orange" et "Café" qui fait le succès de l'entreprise. Bordeaux est en effet le carrefour d'un commerce d'épices et de produits provenant du monde entier ; les matières premières sont sur place et facilitent l'installation de l'entreprise rue des Faussets puis à son siège historique de la rue Fondaudège en 1874. Elle y restera jusqu'en 2008.

Affaire familiale puissante, symbole du capitalisme girondin jusqu'en 1995, et jouissant une renommée populaire, commerciale et publicitaire forte, la société a également eu une histoire mouvementée : forte diversification des produits par rachat de nombreuses entreprises dans le domaine des alcools, spiritueux, vins et jus de fruits, déracinement de son histoire bordelaise dans un marché européen et international soumis aux fluctuations financières et piloté par des fonds d'investissement, crise financière et croissance mal maîtrisée malgré des plans de redressement surmontés par les dirigeants de la famille... Hubert Bonin, chercheur en histoire économique à l'Université de Bordeaux, évoque dans une étude "Il faut donc s’interroger sur la crise du modèle économique de Marie Brizard, de sa stratégie capitalistique, et analyser les soubresauts structurels, commerciaux, financiers qui ont ébranlé les « racines » d’une PME phare du système productif bordelais, alors que les huitième et neuvièmes générations conduisaient cette société posée en modèle du capitalisme familial régional. On s’interrogera sur la crise familiale et la fragilité capitalistique, sur la remise en cause de la stratégie « traditionnelle », sur le renouvellement du portefeuille d’activités, sur le destin industriel de Bordeaux à la région parisienne, sur les effets d’une européanisation  prometteuse puis décevante. Devenue, comme les Papeteries de Gascogne, à Mimizan, l’un des cas d’étude des retombées d’une financiarisation mal maîtrisée et du vacillement de PME familiales, Marie Brizard s’insère dans l’histoire du remodelage du vivier capitaliste girondin à l’heure de l’européanisation et de la globalisation."

Marie Brizard appartient depuis 2006 au groupe de spiritueux Belvédère, qui en deviendra Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) en 2015.

Je vous présente cette belle publicité parue en pleine page dans l'Illustration du 12 juin 1912.

Marie Brizard_Illustration_12-06-1912

Et pour finir, la page wikipedia sur Marie Brizard, ainsi que le site de la marque.